Fleurs

En savoir un peu, beaucoup, passionnément… sur criée aux fleurs

La criée aux fleurs fait partie de ces endroits un peu mythique et mystérieux. Aujourd’hui, j’ai décidé de vous la faire découvrir. Si tous les fleuristes ne vont pas à la criée. il y a plusieurs raisons à cela. Mais d’une manière ou d’une autre, toutes les fleurs que vous achetez chez votre fleuriste préféré sont passées par cette criée. En Belgique, il y a celle de Bruxelles dont l’ambiance est plutôt familiale. Mais nous sommes aussi à la frontière hollandaise où d’autres criées aux fleurs plus importantes encore sont accessibles aux fleuristes belges. Et comme le dit Harold (un fleuriste qui côtoie la criée depuis qu’il est môme), la différence entre les deux, c’est la différence entre le golf (les criées hollandaises) et le mini-golf (la criée belge). Aujourd’hui, je vais vous parler de la criée bruxelloise Euroveiling qui n’en est pas moins impressionnante, avec ses 300 acheteurs en moyenne.

Si tous les fleuristes ne vont donc pas à la criée, c’est d’une part parce que les fleurs y sont vendues en grande quantité (entre 10 et 200 fleurs par bac d’un même fleur, en fonction des variétés) et qu’il faut du coup un certain débit. Soit, si votre fleuriste propose 25 sortes de fleurs x 60 (moyenne par bac), cela fait au minimum 1500 fleurs à vendre dans une période très courte. Stressant la vie de fleuriste? NAAAAN…C’est aussi fatiguant: se lever à 3h du matin quand une journée « normale « vous attend ( vive le café, je vous raconte pas! Combien de tasses sur cette photo?)… Et enfin c’est un système de vente particulier et plutôt technique. Il faut que le jeu en vaille la chandelle comme on dit! En contrepartie, les avantages considérables sont la fraicheur et les prix. Les fleurs arrivent directement de chez le producteur, sans autre intermédiaire.

Je suis allée 2 fois à la criée, j’ai peu de mérite. J’ai accompagné Sonia parce que j’adore cette ambiance. Il faut reconnaitre que les deux fois, je n’ai dormi que d’un oeil, j’avais un peu peur de ne pas me réveiller à 3 heures  au son du réveil. Moi qui ai toujours un peu de mal à me lever, j’ai dû secouer ma carcasse endormie mais pleine d’enthousiasme. Un peu comme un enfant se réveillant plus tôt le jour d’une excursion,  jamais sans une certaine excitation… Le rendez-vous était donné à 4h devant le magasin dans la région liégeoise. Il fallait arriver pour 5h au plus tard à Bruxelles.

  1. Le repérage

Arrivées sur place, nous repérons les fleurs dans les dizaines d’allées sous le hangar et dans des frigos. Chaque bac porte un certain nombre d’informations qui permettent de repérer les lots avant la vente, histoire de les identifier au moment voulu. Cette nuit-là, il y avait 632 chariots. Vous excuserez la qualité de mes photos due au manque de lumière.

2. La vente

La criée ressemble un peu à un grand amphithéâtre.Nous nous installons sur un pupitre. Chaque place possède une sorte de petit ordinateur permettant d’acheter sur les différents cadrans. Chaque acheteur possède une carte qu’il introduit pour s’identifier et enregistrer ses achats.

 

La criée peut commencer avec son bal de chariots. Le premier chariot proposé à la vente est tiré au sort. En effet comme il y a plus d’acheteurs en début de criée, les prix ont tendance à baisser sur la fin. Le positionnement a donc toute son importance pour le producteur.

3. Les cadrans

Il y a 5 cadrans, 4 dédiés aux fleurs et 1 aux plantes. Bien souvent en cours de criée, un des cadrans de fleurs laisse place aux plantes.

photo: Fleurmagazine

Devant chaque cadran, un employé montre les bacs à vendre un à un. Le cadran (l’horloge) affiche un prix de départ qui diminue. Quand un acheteur pousse sur son écran pour acheter, l’horloge s’arrête et l’acheteur obtient la vente.

 

L’ambiance est très particulière, pas loin de celle d’un marché. ça gueule, ça râle, ça se chamaille. Le public est principalement masculin, c’est amusant quand on pense que le métier de fleuriste est généralement plutôt représenté par des filles. Si un acheteur achète une fleur trop chère, il se fait chambrer par toute l’assemblée. Toutes les excuses sont bonnes pour s’amuser. Dans le groupe de Sonia et Julien, que je qualifierai « ambiance fond de la classe », les vannes fusent. Les personnes ayant peu d’autodérision : s’abstenir! Mais qu’est ce que c’est drôle… Un spectacle dans le spectacle. Ce qui est réellement impressionnant, c’est que dans tout ce tintamarre, ils parviennent à acheter vite (c’est le principe) et bien. Je crois que ça me demanderait bien trop de concentration de suivre 5 cadrans en même temps et de taquiner mon voisin en parallèle. Un vrai sport!

Il y a aussi tant d’autres informations à connaitre: les suppléments pour les cartons de gerberas, les cautions des bacs, le poids des fleurs, les bons producteurs, les amaryllis dont le prix est affiché pour la fleur et non par tige. Sans parler des codes: il y en a 971 (merci Julien pour la liste qui n’est pas peu drôle, je suis restée sobre)! Dont le second choix, les tiges courbées, tiges cassées, fleurs abîmées… C’est un vrai métier!

J’adore aller à la criée. C’est un petit monde dans le monde, rempli de passionnés mais surtout de courageux. Qui se retrouvent avec beaucoup de plaisir. Certains y vont jusqu’à trois fois par semaine. Je leur tire mon chapeau!

Je suis repartie un peu fatiguée mais avec quelques étoiles dans les yeux. Je me réjouis déjà d’y retourner un jour!

 

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2 Comments

  1. Emeline Detienne

    6 août 2017 at 11 h 40 min

    C’est un truc de fou! Je n’imaginais pas du tout ça… Merci pour la découverte, bisous. Eme

    1. celinemoureau

      6 août 2017 at 14 h 37 min

      Je suis contente de te l’avoir fait découvrir… bises

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